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Genfit présente un diagnostic de la NASH à base d’un simple test sanguin

La société a mis au point de nouveaux biomarqueurs de la maladie permettant d'éviter une coûteuse biopsie.

Début de séance très dynamique pour le titre Genfit, qui s'envolait de 9,13 % à 37,94 euros mardi en matinée dans des volumes représentant déjà 2,5 fois la moyenne des échanges quotidiens. L'action retrouvait ainsi son meilleur niveau depuis un mois et demi, à l'annonce de la mise au point d’une nouvelle méthode de diagnostic de la NASH (stéatose hépatique non alcoolique) à base d'une simple prise de sang. Cette méthode non invasive, qui vise à éviter une biopsie, est fondée sur le dosage d’un nouveau type de biomarqueurs sanguins : les petits ARNs non-codants ou miRNAs (micro-acides ribonucléiques).

La société envisage d'appliquer cette méthode lors de la phase 3 "en cours de lancement" du GFT505 (élafibranor), mais également de proposer à d'autres acteurs un kit de diagnostic de la NASH permettant d'identifier les patients à traiter, quel que soit traitement envisagé. Genfit se dit ouvert aux partenariats en ce sens, et établit des collaborations scientifiques internationales afin d’étendre l'utilisation de cette méthode à de multiples cohortes de patients.

À ce jour, seule la biopsie (appelée PBH pour ponction biopsie hépatique) permet dans le cadre d'un syndrome métabolique de faire un diagnostic précis des lésion et d'évaluer le degré de fibrose. C'est la méthode employée dans l'essai de phase 2B GOLDEN505 mené par Genfit mais également selon le protocole de l'essai de phase 3 de la firme américaine Intercept, tel que récemment avalisé par la FDA.

La biopsie : un gold standard qui laisse à désirer

Or, si le taux de réussite d'une biopsie hépatique est important (97 %), l'opération n'est pas anodine pour autant et les complications sont rares mais certainement pas inexistantes. La plupart du temps il s'agit d'incidents mineurs (manifestations douloureuses dans 20 à 30 % des cas) mais peuvent aussi survenir des lésions des organes voisins (poumon droit, vésicule biliaire, rein droit), des hémorragies au point de ponction (voire intra-hépatiques), un risque de dissémination métastatique le long du trajet de l'aiguille (possible en cas de nodules tumoraux) etc. Au total, on recense 0,5 complications sévères pour 1000 PBH et malgré l'amélioration des techniques de guidage, il subsiste une mortalité résiduelle ; entre un et trois cas fatals sur 10.000 ponctions.

D'autre part, se pose le problème de la représentativité de l'échantillon prélevé, de taille réduite et très localisé par rapport à un organe dont le volume est important (en moyenne le foie pèse 1,5 KG et mesure 28 centimètres dans le sens transversal, 16 de haut et 8 d'épaisseur). De plus, quel que soit l'expérience de l'anatomo-pathologiste, on retrouve une certaine variabilité dans les conclusions de l'analyse d'un même prélèvement selon l'observateur.

Dernier inconvénient d'une biopsie, son coût : un millier d'euros au total car au-delà du geste, l'opération nécessite entre 6 et 24 heures d'hospitalisation.

Compte tenu de ces éléments, la BPH est en tout état de cause inadaptée à un dépistage de masse des maladies du foie telles que la NASH, qui selon les dernières études concerne des dizaines de millions de patients dans le monde.

L'approche diagnostique de Genfit dans la NASH

Au cours de ses recherches pour développer de nouveaux traitements, Genfit a pu constituer une banque d’échantillons plasmatiques issus de biopsies de patients NASH, bien caractérisée (données anthropométriques et biochimiques complètes, lecture centralisée de biopsies) et couvrant un large spectre d’activité et de gravité de la NASH.

Après avoir mis au point et validé une méthode pour le dosage systématique de différents miRNAs dans le plasma, l’équipe de Genfit a introduit ces résultats dans la base de données associée à la cohorte et a challengé leurs valeurs diagnostiques par rapport à 70 autres variables en utilisant deux approches biostatistiques indépendantes.

Brièvement, deux méthodes ont été utilisées pour générer des milliers de cohortes à partir de la population initiale de patients, afin de reproduire la variabilité de la NASH dans la vie réelle, et d’assurer la translatabilité des résultats à l’ensemble de la population NAFLD/NASH. Ces approches parallèles ont identifié indépendemment deux mêmes espèces spécifiques de miRNAs parmi les trois marqueurs  de diagnostic de la NASH jugés aujourd'hui les plus performants. Les deux algorithmes générés résultent de l’association des mêmes variables et combinent les deux espèces de miRNAs identifiées à des marqueurs d’atteinte hépatique connus. Selon Genfit, ces méthodes ont démontré des performances supérieures aux systèmes de scoring existants pour identifier les patients NASH à traiter. Dans la foulée, la société loossoise a déposé de nouvelles demandes de brevet couvrant l'utilisation de ces technologies.

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