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Le virus tueur de tumeurs de Transgene entre en phase finale d’essais cliniques

Un premier patient atteint de carcinome hépatocellulaire (HCC, une forme de cancer du foie particulièrement agressive) a pris part à l'essai de phase 3 sur le candidat médicament de Transgene Pexa-Vec. Ce traitement est fondé sur un virus oncolytique, une toute nouvelle catégorie immuno-thérapeutique qui gagne en attractivité depuis la première homologation d'un virus oncolytique, l'Imlygic (ou T-VEC) d'Amgen, qui a eu lieu en octobre 2015.

L'annonce du démarrage de cet essai pivot a permis au titre Transgene de rebondir de plus de 40 % mercredi, à 3,66 euros en clôture soit un plus haut depuis quatre mois. Le tableau de bord exclusif BiotechBourse montre l'ampleur inédite du mouvement : les volumes échangés sur le titre ont été 35 fois supérieurs à la moyenne quotidienne habituelle, et un tiers des échanges de l'ensemble du compartiment biotech sur l'ensemble de la journée.

Pexa-Vec (pexastimogene devacirepvec, aussi désigné TG6006) est un virus oncolytique armé du gène GM-CSF qui s'attaque aux cellules de la tumeur. Le virus est conçu pour cibler et détruire sélectivement les cellules cancéreuses grâce à trois mécanismes d’action : la nécrose (lyse) de la tumeur par la réplication du virus, la suppression de la vascularisation de la tumeur (effet anti-angiogénique) et la stimulation de la réponse de la réponse anti-tumorale du système immunitaire du patient.

Conformément à la révision en novembre des conditions du partenariat entre Transgene et SillaJen, c'est le sud-coréen qui prend en charge la conduite de l'essai PHOCUS évaluant l'efficacité de Pexa-Vec, administré préalablement au sorafénib (le Nexavar de Bayer, actuellement le seul traitement homologué dans le HCC), par rapport à un traitement par le seul sorafénib. PHOCUS prévoit le recrutement de 600 patients au total, dans environ 140 sites dans le monde, dont l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Australie et l’Europe. SillaJen a trouvé un accord avec la Food and Drug Administration américaine pour un un Specific Protocol Assessment (SPA), qui pourra éventuellement donner lieu au dépôt d'une demande de mise sur le marché sur la base de résultats partiels (données intermédiaires) de l'étude.

L’objectif principal de l’étude est la survie globale ; les objectifs secondaires comprennent la sécurité et l’évaluation des réponses tumorales dans les deux groupes en termes de délai de progression, survies sans progression, taux de réponse globale et taux de contrôle de la maladie.

« Nous manquons toujours désespérément d’options supplémentaires de traitement contre le cancer du foie avancé. L’immunothérapie est porteuse de beaucoup de promesses et je suis très impatient d’avoir la possibilité d’évaluer Pexa-Vec chez des patients atteints cette maladie » a déclaré le Docteur Ghassan Abu-Alfa, médecin oncologue au Memorial Sloan Kettering Cancer Center, l'une des principales insitutions biomédicales des USA et, accessoirement, le plus ancien centre de recherche contre le cancer du monde. Le Dr. Abu-Alfa sera la principal investigateur de l’étude PHOCUS.

« Nous sommes ravis de commencer cette étude multinationale de phase 3 avec Pexa-Vec - une immunothérapie oncolytique qui a montré une activité anti-tumorale dans des études de phase 2 en cancer du foie » a de son côté déclaré Eun Sang Moon, DG de SillaJen. «Notre objectif principal est, aujourd’hui, de bien conduire cette étude et de la mener au succès ; nous pensons que le SPA avec la FDA nous mettra, nous et nos partenaires globaux, sur la voie de l’autorisation de mise sur le marché de Pexa-Vec ».

SillaJen a obtenu une partie des droits sur Pexa-Vec en rachetant la totalité de la biotech américaine Jennerex en 2013. Le développement du produit n'a toutefois pas été aussi rapide que ne l'envisageait initialement le coréen, puisqu'à l'époque les dirigeants évoquaient un début de phase 3 au quatrième trimestre 2014 au plus tard. SillaJen partage les droits avec Transgene (en tant qu'ancien actionnaire de Jennerex), la firme strasbourgeoise détenant les droits exclusifs pour le développement et la commercialisation en Europe de Pexa-Vec en traitement de tumeurs solides.

Indépendamment de l'essai conduit par SillaJen, Transgene envisager de lancer cette année deux autres essais, avec Pexa-Vec en combinaison avec des check-points immunitaires : l'une avec l'Opdivo (nivolumab) dans le HCC avancé et l'autre avec le Yervoy (ipilimumab) en mélanome avancé.

Il y a en outre deux études tierces en cours : l'une, par l’Institut Bergonié de Bordeaux, évalue Pexa-Vec principalement en cancer avancé du sein et en sarcome des tissus mous, en combinaison avec un cyclophosphamide métronomique (un médicament utilisé en combinaison avec d’autres traitements contre une grande variété de cancers) et l'autre par l’Université de Leeds qui évalue Pexa-Vec en situation de pré-chirurgie (néo-adjuvant), avec pour objectif de mieux documenter le mécanisme d'action.

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