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Alain Moussy : les résultats dans la SLA valident le potentiel du masitinib en neurologie

Alain Moussy est PDG d'AB Science, société qu'il a cofondée avec une équipe scientifique de haut niveau après une carrière dans le conseil (Booz, Allen & Hamilton) et les fusions-acquisitions (Carrefour). Dans un entretien accordé à BiotechBourse, le dirigeant revient sur l'annonce du succès de la phase 2/3 du masitinib dans la SLA et détaille les prochaines étapes pour la société.

BiotechBourse : La molécule phare d’AB Science vient de franchir avec succès la phase 3 dans la sclérose latérale amyotrophique, une maladie neurodégénérative dévastatrice. Quelle est la place de ce programme au sein du plan de développement de l’entreprise ?
Alain Moussy
: Des initiatives comme l’Ice Bucket Challenge ont permis de sensibiliser le public en rappelant l’ampleur du besoin thérapeutique non satisfait. Alors que la maladie affecte déjà 40.000 patients en Europe et aux Etats-Unis, et que 16.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, il n’y a pas eu d’avancées concluantes depuis une vingtaine d’années… L’étude AB10015 apporte une réponse scientifique à une question essentielle : est-ce que cibler les cellules gliales constitue une stratégique efficace dans cette indication ? Schématiquement, dans la SLA ces cellules qui ont un rôle macrophage en viennent à proliférer et à devenir aberrantes en détruisant les neurones permettant le mouvement, d’où la paralysie progressive. Les résultats obtenus sont d’autant plus intéressants qu’ils démontrent que le masitinib peut apporter une réponse thérapeutique en neurologie, ce qui était sans doute le domaine où la prise de risque était maximale pour la société par rapport à ce qu’on connaît du mécanisme d’action. Parallèlement à différentes études de chercheurs indépendants qui ont été publiées ces derniers mois, ces résultats permettent d’ancrer clairement la molécule comme potentiel traitement dans ce domaine.

BiotechBourse : Après le succès du masitinib dans la mastocytose fin 2015, ces résultats dans la SLA sont un premier jalon pour AB Science cette année. Quelles sont les autres étapes majeures pour 2016 ?
Alain Moussy
: La prochaine étape pour AB Science sera la soumission du dossier de masitinib dans la mastocytose, qui interviendra a priori dans le courant du mois. Nous attendons par ailleurs d’ici neuf mois environ, soit en fin d’année ou début 2017, les résultats intérimaires de la phase 3 dans l’asthme sévère. À ce jour, aucun médicament pour la forme sévère de l’asthme ne repose sur un mécanisme ciblant les cellules du mastocyte. L’enjeu pour nous est d’apporter un traitement sûr à des malades chez qui les inhalations de corticostéroïdes ne suffisent plus et qui sont donc contraints à un traitement à vie par forme orale de corticostéroïdes, ce qui augmente les risques de toxicité [ndlr : troubles métaboliques, déminéralisation osseuse, risque d’œdème et de troubles cardiaques, baisse des défenses immunitaires, problèmes neuropsychiques, cutanés ou encore ophtalmologiques… ]. Puis à horizon 2017, nous attendons les résultats intérimaires de la phase 3 dans la maladie d’Alzheimer et dans certaines indications oncologiques.

BiotechBourse : Depuis votre introduction en Bourse, votre stratégie a toujours été d’aller le plus loin possible en finançant vous-même le développement de la molécule. Compte tenu du grand nombre d’indications potentielles, par rapport à la douzaine de phases 3 en cours, n’aurait-il pas été judicieux de licencier ne serait-ce qu’une indication ?
Alain Moussy
: Tout d’abord, licencier les droits dans une seule indication n’est pas forcément évident car pour une molécule nouvelle en phase de développement, les labos ont plutôt tendance à demander l’ensemble des droits. Mener le développement nous-mêmes jusqu’à l’homologation a surtout l’avantage de permettre à AB Science de garder la main sur les cash-flows futurs : nous estimons que cela nous assurera au minimum 50% des revenus et jusqu’à 90% au maximum en fonction des partenariats de commercialisation et des indications. En outre, dans les maladies rares, une commercialisation en propre est envisageable.

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