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Biocorp entre en Bourse pour accélérer dans la santé connectée

Biocorp commercialise auprès des laboratoires pharmaceutiques des dispositifs médicaux innovants tels que le DataPen.

Jacques Gardette, fondateur de Biocorp

Jacques Gardette, fondateur de Biocorp

De plus en plus, l'enjeu du marché de la santé se situe "beyond-the-pill", c'est-à-dire au-delà du seul développement d'un médicament. La société puydômoise Biocorp se consacre au développement de dispositifs innovants qui permettent aux groupes pharmaceutiques de répondre à cet enjeu, notamment via les systèmes de communication - la fameuse santé connectée. Jusqu'ici intégralement contrôlée par Jacques Gardette (précédemment fondateur de Cardial, cédée à l'américain Bard, puis de Biodôme, revendue à Baxter), l'entreprise s'introduit sur Alternext d'ici au 6 juillet. Biocorp espère lever 8 millions d'euros en milieu d'une fourchette de prix comprise entre 7,87 et 10,63 euros par action, soit 10,6 millions en tablant sur les possibilités habituelles d'extension et jusqu'à 12,16 millions en hypothèse maximale.

Personne n'apprécie les piqûres. Malheureusement, avec 200.000 à 300.000 personnes souffrant de diabète insulino-dépendant rien qu'en France, de nombreux patients n'ont pas d'autre choix que de s'infliger jusqu'à cinq injections quotidiennes... Certes le développement des stylos injecteurs à partir des années 1980 a constitué un important progrès en termes de commodité et de précision de la dose injectée (la solution de la seringue, avec toutes les difficultés de manipulation et le risque d'erreur de dosage reste cependant majoritaire dans beaucoup de pays, notamment aux Etats-Unis). Néanmoins, observer le traitement à la lettre, chaque jour et à vie, demeure une gageure pour les patients, alors même qu'une mauvaise observance comporte des risques importants que ce soit à court terme (coma hypoglycémique) qu'à long terme (neuropathie, cécité, cardiopathie, ulcère du pied - cause de 10.000 amputations par an en France, dont la majorité pourraient être évitées !).

Issu de l'expertise de Biocorp, spécialiste de la conception et de la production de dispositifs médicaux permettant d'améliorer la préparation, le conditionnement et l'administration de médicaments en particulier injectables, conjuguée à celle de Keynae (spin-off du groupe de télécoms Orange, spécialiste du traitement et du cryptage de données sensibles), le DataPen constitue le premier stylo d'injection connecté. Loin d'un gadget, le produit est conçu pour aider le patient diabétique à suivre son traitement : le DataPen calcule la dose d'insuline à injecter en fonction de la glycémie mesurée et envoie automatiquement les données à une application mobile dédiée. Le patient peut suivre et gérer son traitement sans passer par le fastidieux carnet d'autosurveillance, tout en bénéficiant d'alertes en cas d'oubli de prises ou de problème. Au choix exclusif du patient, il est possible de partager les données avec des proches ou son médecin de façon à assurer un back-up notamment pour une personne âgée ou affaiblie qui n'aurait plus confiance dans ses seules capacités pour s'auto-administrer le traitement. Il est même possible via l'application de repérer un stylo égaré en le faisant émettre un signal sonore !

La prochaine étape pour le DataPen est la signature d'accords commerciaux avec l'un des grands laboratoires mondiaux qui se partagent le gigantesque marché mondial de l'insuline. Mais ce projet n'est que la partie émergée de l'activité de Biocorp qui affiche plus de dix ans d'expérience en matière de production pour les labos pharmaceutiques, entièrement réalisée sur le site d'Issoire, et génératrice revenus récurrents.

Cette frange de l'activité est par ailleurs appelée à croître mécaniquement dans les prochains trimestres grâce à deux nouveaux contrats. L'entreprise va d'une part produire pour le japonais Nipro un nouveau dispositif de sécurité pour aiguille et seringue, avec un engagement d'achat qui représente au minimum 12 millions d'euros à partir de la troisième année. D'autre part, Biocorp va produire pour le compte de l'italien Nuova Ompi de nouveaux bouchons en plastique pour carpules et flacons (remplaçant les traditionnels bouchons en aluminium, source de contamination potentielle), pour un montant de plusieurs millions d'euros sur l'ensemble de la durée du contrat.

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