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Coral Biome en quête de molécules thérapeutiques issues du corail

Les biotechs prétendant à une prochaine introduction en Bourse ou à la plate-forme pre-IPO ne manquent pas, avec nombre de beaux dossiers actuellement dans les starting-blocks... Des sociétés dont les dirigeants doivent attendre avec une certaine fébrilité l'issue du référendum britannique sur le maintien ou non dans l'Union européenne, étant donné le risque de fermeture brutale des marchés associé à une victoire du "Brexit" (hypothèse certes minoritaire, mais de moins en moins improbable au vu des derniers sondages).

Parallèlement, le secteur des biotechnologies fait également son chemin dans l'univers du crowdfunding, avec des dossiers qui sont par nature infiniment moins avancés puisqu'en stade d'amorçage la plupart du temps. C'est bien le cas de Coral Biome, une jeune pousse marseillaise spécialisée dans la coraliculture.

Fondée en 2011 par Frédéric Gault, la société est en effet d'abord une ferme de corail : elle élève des coraux qui viennent ensuite alimenter le commerce de l'aquariophilie (une alternative au prélèvement au sein de colonies sauvages, dangereusement menacées dans tous les océans du globe) mais également pour subvenir aux besoins d'innovation en biotechnologie et en cosmétique. Le monde marin et en particulier les coraux constituent en effet un gisement (hélas menacé) de biodiversité et de chimiodiversité, susceptible de donner naissance à un grand nombre de nouveaux principes actifs d’intérêt thérapeutique notamment.

Par exemple, 40% des substances marines découvertes dans les coraux (essentiellement dans les Octocorallia) sont des molécules cytotoxiques présentant des propriétés potentiellement anti-tumorales. Parmi ces ingrédients, on trouve la palytoxine : découverte au début des années 1970 dans un type de corail hawaïen, il s’agit d’une des substances non-peptidiques les plus toxiques connues. Mais comme beaucoup de poisons mortels, la palytoxine présente, à doses infinitésimales (10 puissance -12 mol/Litre), des propriétés très intéressantes dans le traitement du cancer.

Selon la société, la molécule pourrait s’avérer d’une efficacité inédite sur plus de 12 types de cancers, y compris des cancers chimio-résistants (dans des modèles in vitro pour le moment).

Coral Biome a découvert une souche de coraux, Palythoa aff. « clavata », capable de produire la palytoxine dans des proportions innédites et mis au point un procédé d’extraction permettant d’envisager de produire la molécule purifiée en quantités cliniques. Outre la PLTX, Coral Biome a identifié dans son univers corallien une trentaine de composés d’intérêt potentiel dans le cancer, les maladies infectieuses et inflammatoires.

La société envisage de développe ensuite ces molécules jusqu'en fin de phase pré-clinique (essais in vivo attendus vers 2017 pour la palytoxine) avant de les licencier à l’industrie pharmaceutique.

À ce jour, Coral Biome a co-déposé avec l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) une demande pour un premier brevet portant sur sa méthode de production de la palytoxine à partir du Palythoa aff. clavata ainsi que sur l’utilisation de la molécule dans la prévention et le traitement du cancer, voire de maladies parasitaires comme la leishmaniose, du VIH, du virus Ebola ou encore de maladies de la peau.

Via la plate-forme Anaxago, la firme recherche aujourd’hui 750.000 euros, montant qui doit lui permettre de développer la preuve de concept préclinique de la palytoxine sur la leucémie (un chantier de 18 mois, en collaboration avec l'IPC et l'INSERM), d’installer un laboratoire permettant de réaliser en interne les extractions et les purifications de molécules identifiées sur des coraux et d’industrialisation son procédé de production. Une thèse d’investissement qui se situe donc très en amont par rapport à ce que les boursicoteurs connaissent dans l’univers coté.

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