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Des fonds publics au secours de Carmat

La société fondée par le Prof. Alain Carpentier, pratiquement à bout de trésorerie fin 2015, va bénéficier d'un important apport de fonds pour poursuivre les essais de son coeur artificiel. Un pool d'investisseurs, comprenant au titre des Investissements d'Avenir l'Etat et Bprifrance, ainsi que des actionnaires privés à la fois nouveaux et historiques, va souscrire à une augmentation de capital réservée d'un montant d'au moins 50 millions d'euros.

Les 15,5 millions d'euros levés par Carmat en 2010 lors de son introduction en Bourse étaient supposés permettre à l'entreprise de "procéder aux premières implantations du coeur artificiel total chez l'homme dès 2011 en vue de sa commercialisation dès 2013", selon les termes de son DG Marcello Conviti à l'époque. Mais ce calendrier prévisionnel n'a pas été respecté, la première des quatre implantations initiales n'ayant eu lieu qu'à la toute fin de 2013. Quant à une commercialisation éventuelle, son horizon est aujourd'hui incertain.

L'étude intiale de faisabilité a permis de recueillir des données sur 21 mois de fonctionnement, mais les quatre patients sont aujourd'hui décédés, et la communication de l'entreprise autour de ces évènements a parfois suscité la polémique. Désormais c'est à l'ANSM de passer au crible sur les résultats de l'essai de faisabilité. Il faudra d'abord que l'agence donne son feu vert avant que Carmat puisse lancer la phase finale des essais, selon un protocole en cours de finalisation et qui devrait porter sur 20 à 25 patients suivis chacun pendant au moins 180 jours. Si cette phase est jugée suffisamment positive, alors une demande de commercialisation pourra être déposée.

Six ans après l'introduction en Bourse, il ne restait plus que 3 millions d'euros en caisse à fin 2015, soit moins d'un trimestre de visibilité, à l'issue d'un exercice où la perte a atteint -17,5 millions d'euros, à peine diminuée par rapport à celle de 2014 (-18,2 millions d'euros).

Carmat va toutefois bénéficier d'un apport d'argent frais considérable : au moins 50 millions d'euros.

La société projette en effet de lancer ue augmentation de capital réservée,
entièrement souscrite par un pool d’investisseurs composé d’ALIAD, branche de capital risque d’Air Liquide, d'une holding d'investissement baptisée CorNovum détenue à parité par Bpifrance et par l’Etat directement (dans le cadre du Programme des Investissements d’Avenir), ainsi que des family offices de M. Pierre Bastid (ex patron de Converteam, investisseur notamment chez Cellecis) et du Dr Ligresti (ex patron de la Générale de Santé, investisseur au capital d'Abivax récemment), et enfin des actionnaires historiques de Carmat, Airbus Group (Matra Défense) et Truffle Capital, ce dernier via un ancien fonds et plusieurs nouveaux fonds.

Cette augmentation de capital réservée de 50 millions d'euros serait accompagnée, le cas échéant, d’un placement privé auprès d’investisseurs qualifiés dont le montant n’est pas encore défini.

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