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Inventiva, un nouvel acteur dans la NASH, vise la bourse de Paris

La biotech bourguignonne Inventiva, née de la reprise des activités de recherche d'Abbott à Daix, a déposé à l'AMF son document de base en vue d'une prochaine introduction en Bourse de Paris - avec les réserves usuelles liées aux conditions de marché. L'entreprise ambitionne une position de référence dans le traitement de la NASH, un trouble métabolique qui multiplie les risques de mourir d'une maladie hépatique, par le biais d'un nouveau médicament de la classe des PPAR : l'IVA337 est à ce jour la seule molécule de ce type à viser les trois sous-types de PPAR.

À l'image de sociétés telles que Poxel (issue de Merck/Lipha), Clevexel (rejeton des Laboratoires Lafon/Cephalon) ou sa cousine dijonnaise Crossject, Inventiva Pharma n'est pas une création ex nihilo. Juridiquement conçue en 2012, l'entreprise est en fait bâtie sur les actifs de recherche des Laboratoires Fournier à Daix, après de longues négociations avec le repreneur de Fournier, l'américain Abbott. La création d'Inventiva avait permis à 72 des 311 salariés du site, menacés par la volonté d'Abbott de céder la R&D de Fournier, de repartir dans un nouveau projet mis sur pied par Frédéric Cren (ancien responsable de la franchise fénofibrate de Fournier puis du lancement du TriCor 145) et Pierre Broqua (ancien directeur de recherche pour le site de Dijon, qui avait auparavantchez Ferring co-découvert le dégarélix/Firmagon).

Cette gestation assistée a offert à Inventiva un important avantage financier, Abbott ayant consenti une subvention exceptionnelle de 96 millions d'euros sur cinq ans. Cette manne a financé l'essentiel des frais de fonctionnement de l'entreprise jusqu'à présent. Le solde à percevoir est d'environ 10,9 millions d'euros. En plus de cette subvention, Inventiva et Abbott (devenu AbbVie depuis dans le cadre d'une scission en deux entités) ont conclu un contrat cadre de services de recherches fixant des honoraires de base d’environ 3 millions d’euros par an pendant 5 ans, plus des montants additionnels (en l'occurrence, 1 million versé en décembre 2015 et 2 millions en mars 2016) pour des prestation ad hoc.

En plus de ce partenariat originel, Inventiva a conclu en mai 2016 un second accord avec l'allemand Boehringer Ingelheim, qui pourrait rapporter jusqu'à 170 millions d'euros de paiements échelonnés. Cet accord a pour objectif d’utiliser la technologie et l’expertise d’Inventiva pour développer de nouveaux traitements de la fibrose pulmonaire idiopathique, et d’autres maladies fibrotiques.

Autre source de renus pour la société, sa plate-forme de services (criblage à haut débit -avec ou sans accès à sa chimiothèque- essais in vivo et in vitro...) pour des clients comme Enyo, Galapagos, Novo Nordisk ou Pierre Fabre.

Ces sources de revenus ont permis à la société de bénéficier d'une assise financière (pas si fréquente pour une biotech à ce stade de développement) avec 22,6 millions d'euros en caisse à la fin du dernier exercice et une visibilité de plus de douze mois à la date du dépôt du document de base, tout en évitant aux fondateurs de recourir à des financements trop dilutifs de sorte que Frédéric Cren et Pierre Broqua détiennent encore à eux deux 99,9% du capital.

Inventiva compte également intéresser les investisseurs à ses deux principaux composés, IVA337 (visant la NASH et la sclérodermie systémique) et IVA336 (visant trois formes de mucopolysaccaridoses, des maladies génétiques rares de l’enfant).

IVA337 vient d'entrer en phase 2b dans une étude de 24 semaines intitulée "NATIVE" dont les résultats sont prévus au cours de l’année 2018. IVA337 est un agoniste de récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR) conçu pour activer de façon modérée et équipotente les trois sous-types PPAR (PPARalpha, PPARdelta, PPARgamma) impliqués dans les processus fibrotiques. De ce fait, Inventiva pense que la molécule pourrait démontrer une efficacité supérieure aux PPAR existants ou en développement à savoir le pioglitazone de Takeda (actif sur les PPAR gamma seulement), elafibranor de Genfit (ciblant alpha et delta mais préférentiellement actif sur le PPAR alpha) et le fénofibrate (exclusivement alpha).

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Le potentiel commercial d’IVA337 chez les patients atteints de la NASH est estimé à plus de 3,7 milliards d’euros, selon Inventiva.

IVA336, qui avait fait l'objet d'un développement jusqu'en phase 2 dans le traitement des thromboses post-opératoires dans le cadre d'une collaboration entre Fournier et GSK, a été repositionné dans les mucopolysaccharisoses (MPS), notamment la MPS I (syndrome de Hurler-Sheie), la MPS II (syndrome de Sly) et la MPS VI (syndrome de Maroteaux Lamy). Inventiva projette de démarrer une nouvelle phase 1/2 au cours du deuxième trimestre 2017 chez 24 patients atteints de MPS VI (étude iMProveS).

Enfin le portefeuille de l'entreprise bourguignonne comprend des projets pré-clinique en oncologie (Yap-Tead, NSD2 et le projet Epicure) se situant encore à des stades très précoces de développement.

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