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Le spécialiste des maladies du vieillissement Biophytis pourrait bientôt s’introduire en Bourse

Ses candidats médicaments first-in-class visent une forme de sarcopénie et de DMLA non traitées à ce jour.

Fait totalement inédit dans l'histoire de l'humanité, d'ici 2050 plus d'une personne sur cinq dans le monde aura plus de soixante ans. Soit une population de 2 milliards de seniors, contre environ 600 millions aujourd'hui. De plus en plus d'entre nous auront la chance de vivre un grand nombre d'années (charge à chacun de bien les occuper !)... Toutefois l’allongement de la durée de vie peut s’accompagner d’une longue période de perte d’autonomie. En France par exemple l'espérance de vie féminine est aujourd'hui de 85,3 années, mais 63,5 en bonne santé (sans limitation d'activité ni incapacité majeure) - chez les hommes l'espérance totale atteint 78,3 années dont 61,8 en bonne santé.

Peu étudiées jusqu'à récemment, les maladies du vieillissement (maladies neuro-dégénératives, dystrophies musculaires, DMLA…), qui se caractérisent par la dégradation progressive d’un ou plusieurs organes, sont en forte expansion - plus ou moins rapide en fonction de la qualité de l’alimentation, de l'activité physique, des stress physiologiques divers... Ces maladies peuvent être très handicapantes et leur prise en charge s’élève à plusieurs dizaines de milliards d’euros pour les systèmes de santé. Les traitements éventuellement disponibles ciblent généralement les phases tardives, soit seulement une fraction minoritaire des personnes affectées. Or c'est plutôt entre 65 et 80 qu'il faut travailler pour éviter les pathologies pour maintenir les personnes en bonne santé visuelle, auditive, physique, cognitive etc.

vieillissement Biophytis

Visant en particulier les déficiences de mobilité et les déficiences visuelles, l’objectif de Biophytis est de répondre au besoin des patients déjà diagnostiqués en phase dite intermédiaire, pour qui il n’existe aucun traitement.

La société a été fondée en 2006 par Stanislas Veillet et par le Professeur Réné Lafont, biochimiste, Professeur émérite à l'Université Pierre et Marie Curie et ancien Doyen en charge du département Sciences de la Vie, spécialiste notamment des phénomènes de co-évolution entre les plantes et les mammifères. Le rôle de substances issues des plantes (phytonutriments) est aujourd'hui bien établi dans les phénomènes de protection / dégénérescence de certains tissus – par exemple une carence en la lutéine, un caroténoïde présent dans différents fruits et légumes, augmente le risque de développer une dégénérescence maculaire liée à l’âge.

C’est en étudiant la relation entre phytonutriments et les processus de protection / dégénérescence que Biophytis identifie des familles de substances à même d’agir directement sur le mécanisme de la maladie, et de ralentir son évolution efficacement et durablement. Avantage de cette approche : les phytonutriments en question sont par nature biodisponibles en vertu des millénaires d'adaptation à la physiologie humaine... Du reste les métabolites secondaires de plantes sont des molécules dont la diversité dépasse largement celle générée par synthèse dans les chimiothèques de petites molécules (plus de la moitié des médicaments homologués ces trente dernières années par la FDA sont d'ailleurs fondés sur des substances issues de plantes).

Biophytis vise des pathologies sur lesquelles la société estime pouvoir atteindre plus facilement les endpoints clinique, d’abord la sarcopénie qui est une fonte musculaire liée à l’âge, en ciblant les obèses sarcopéniques (soit 80 % des personnes sarcopéniques aux Etats-Unis, avec un essai de phase 2b prévu pour fin 2015/début 2016. Ensuite la forme sèche de la DMLA -dégénérescence maculaire liée à l'âge- qui représente 80 % des DMLA or seule la forme humide est aujourd'hui traitée (Lucentis).

Pipeline Biophytis

L'entreprise espère signer d'ici 2017 des accords de licence avec des laboratoires pharmaceutiques pour accompagner le développement réglementaire jusqu'au lancement commercial. Dans l'intervalle, la société dont les débuts ont été financé par Seventure, CM-CIC et Metabrain Research (une spin-off du groupe Merck Serono) pourrait, selon nos informations, se tourner prochainement vers la Bourse pour financer les essais à venir.

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