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Pfizer envisagerait un rachat de Cellectis, l’action grimpe de 16 %

L'article n'a pas été commenté par les intéressés.

L’action-reflet Cellectis grimpait de 16 % jeudi en fin de séance sur le Nasdaq américain à 47,66 dollars, à la suite d’un article du Financial Times affirmant que la société d’André Choulika négocierait son rachat, Pfizer étant cité comme probable acquéreur.

Cellectis a fait son entrée en mars dernier au Nasdaq, sur la base d’un prix de 41,50 dollars, pour tomber à près de 30 dollars seulement en avril.

Une source anonyme citée par le FT affirme que Pfizer, à la tête de 9,47 % du capital depuis le deal conclu en juin 2014, aurait fait une offre valorisant Cellectis jusqu’à 1,5 milliard d'euros – équivalent à peu de choses près à la capitalisation actuelle de 1,63 milliard de dollars.

« Un rachat de Cellectis permettrait à Pfizer d’accentuer son effort pour devenir un acteur de poids dans la nouvelle catégorie d’anticancéreux, l’immuno-oncologie », indique le bref article paru sur le site du journal britannique.

Si aucun scénario n'est a priori exclu, un rachat serait une surprise dans la mesure où la stratégie récente de Cellectis n'évoque guère  une volonté de se vendre, à commencer par le fait que l'entreprise vient de boucler une IPO outre-Atlantique, levant plus de 212 millions de dollars à cette occasion portant à plus de 330 millions sa position de trésorerie totale. Avec ces fonds, le groupe entend développer sa plate-forme de modification génique ciblée dans le domaine thérapeutique, mais aussi dans le domaine des biotechnologies agricoles, un marché estimé à plusieurs milliards de dollars au bas mot.

En outre, le groupe français a tenu récemment son assemblée générale annuelle, au cours de laquelle Jean-Marie Messier a été nommé administrateur. L'arrivée d'un dirigeant aussi renommé que l'ancien patron de Vivendi au conseil d'administration peut s'interpréter comme une volonter de renforcer la gouvernance pour développer plus largement l'entreprise. Mais à l'inverse, l'expérience de M. Messier en termes de fusions-acquisitions peut aussi être considérée comme un atout à fins de négociations avec un grand laboratoire. L'an dernier, sa société a été conseil de Cellectis pour la cession de la filiale suédoise (ex-Cellartis) au groupe japonais Takara Bio.

Par ailleurs, si le géant américain de la pharmacie ne cache pas s’intéresser aux «capacités de pointe de Cellectis en ingénierie génomique et cellulaire», leur partenariat conclu en 2014 lui assure déjà une exclusivité sur bon nombre des projets thérapeutiques du pipeline de Cellectis.

Pfizer a déboursé en effet 80 millions de dollars (près 60 millions d’euros) pour le privilège de collaborer avec Cellectis dans le cancer, sans compter les 23,2 millions d'euros injectés lors de l'augmentation de capital réservée qui lui a donné accès à près de 10 % de parts du français. Pfizer s'est de plus engagé à financer une partie des recherches. En échange, le laboratoire a obtenu les droits exclusifs pour développer et le cas échéant commercialiser des thérapies CAR-T dirigées sur quinze cibles thérapeutiques, non divulguées. Pfizer contribue aussi aux recherches sur quatre autres cibles qui sont l'apanage de Cellectis mais pour lesquelles Pfizer a un droit de préemption (dans l'hypothèse où Cellectis souhaiterait en céder les droits). Seules huit dernières cibles, sur un total de 27 donc, sont entièrement libres de droit à l'égard de Pfizer, qui semble ainsi avoir largement balisé le terrain. Pourquoi dès lors décider moins d'un an après de verrouiller toute la propriété intellectuelle de Cellectis ? On peut se poser la question.

«Cet accord qui nous donne accès aux capacités de pointe de Pfizer en développement thérapeutique, offre un potentiel sans précédent au profit de l’innovation et du développement des meilleures thérapies dans la classe des CAR-T (…) qui pourraient changer la façon de traiter le cancer», avait alors déclaré le PDG et co-fondateur de Cellectis, André Choulika.

Accessoirement, le produit d'immuno-oncologie aujourd'hui le plus avancé chez Cellectis, UCART19 (prochainement en clinique) fait l'objet depuis février 2014 d'un accord séparé avec Servier dans la leucémie lymphoblastique. Ce type d'accord est souvent verrouillé dans l'hypothèse d'un rachat d'un des partenaires, avec pénalités à la clé en cas de rupture.

Quoi qu'il en soit, Cellectis conformément à sa politique de ne pas commenter les rumeurs, continuait à décliner fermement tout commentaire.

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