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Interview de Stéphane Ragusa, PDG fondateur de Predilife

Les sociétés de Diagnostic sont recherchées par les investisseurs. L'occasion d'aborder Predilife (ALPRE) dans cette nouvelle interview de Stéphane Ragusa, son PDG fondateur.

  • BiotechBourse : Predilife est un pionnier de la médecine prédictive. Pouvez-vous nous présenter la société, et sur quoi vous êtes engagés ?

Stéphane Ragusa : Nous faisons des Tests prédictifs pour prédire le risque des principales pathologies. Nous avons commencé par le Cancer du sein. L’idée à terme est de prédire pour un individu, à partir de quelques questions et d’un échantillon de salive, ses principaux risques de différents cancers ou d’autres maladies. A chaque fois, l’objectif est de diminuer l’occurrence des maladies graves sachant qu’un cancer détecté plus tôt augmente les chances de guérison.

Pour les principales pathologies, il est possible de faire un examen de radiologie pour détecter la maladie en amont. Et les taux de guérison sont très différents. Pour le cancer du sein, on est autour de 25% de survie à 5 ans en cas de cancer métastatique. Par contre lorsque la tumeur est localisée, la tumeur est enlevée, la patiente rentre chez elle le soir et elle n’a plus rien. De cette façon, on peut diminuer d’environ 30 le nombre de cancers métastatiques avec ce type de dépistage en amont. Notre lancement commercial est effectif depuis quelques mois.

  • BiotechBourse : MammoRisk participe au projet My-PEBS dans le cadre d'un programme européen. Quelle opportunité ce dispositif représente-t-il pour la société ?

Stéphane Ragusa : Il y a une opportunité à court terme et à long terme. Sur le long terme, le projet My-PEBS vise à remplacer le dépistage du cancer du sein qui est fait aujourd’hui uniquement en fonction de l’âge dans toute l’Europe c’est-à-dire avec des mammographies dès 45-50 ans mais sans rien avant, par un dépistage en fonction du niveau de risque qui serait évalué autour de 40 ans pour toutes les européennes. L’objectif est de remplacer ce dépistage par un dépistage dit « stratifié ».

C’est donc notre test qui a été retenu pour ce projet européen unique, financé à hauteur de 12 Millions d’euros qui couvre sept pays et qui a vocation à être un changement structurel pour les 100 millions d’européennes de plus de 40 ans. Cet essai clinique a démarré, avec déjà plusieurs milliers de femmes qui participent à l’étude. L’étude My-PEBS vise à inclure pas loin de 100 000 femmes, qui seront suivies pendant 4 ans. Les modifications de guidelines européennes sont attendues après 2025-2026. C’est un projet à très long terme. Et de ce point de vue, il s’agit d’une grande opportunité de santé publique et sur le plan financier également.

A court terme, ce projet constitue pour nous une rampe de lancement et crédibilise notre modèle de prédiction de risque. Nous avons été retenus, alors que dans le consortium, des universités comme Cambridge qui sont les spécialistes mondiaux dans la génétique ont vu leur modèle non retenu. Ceci constitue un soutien pour dire aux médecins et aux leaders d’opinions que nous avons un modèle de risque pertinent, alors qu’il est difficile de juger son efficacité si l’on n’est pas spécialiste.

  • BiotechBourse : Selon vos projections, quelles sont les perspectives commerciales et financières de MammoRisk d'ici 3 à 5 ans ?

Stéphane Ragusa : A moyen terme, nous visons 100 000 femmes, soit les effectifs de l’essai clinique My-PEBS et également de l’essai homologue aux Etats-Unis et ces deux études fonctionnent avec un budget similaire (de l’ordre de 2 Millions d’euros par an). Avec ce type de budget, on peut toucher à peu près 100 000 femmes. Pour les investisseurs, sachant que nous faisons 100 euros de marge brute par test, cela représente une opportunité de 10 Millions d’euros de marge. Ce qui correspond dans notre domaine à une valorisation de 200 ou 300 Millions d’euros donc une valorisation multipliée par 10 par rapport à notre valorisation actuelle.

  • BiotechBourse : Mammorisk n’est qu’une partie de votre savoir-faire. Quelles autres pathologies souhaitez-vous adresser ?

Stéphane Ragusa :Nous souhaitons adresser toutes les principales pathologies, les principaux cancers, le risque cardiovaculaire, et les pathologies neuro comme Alzheimer et Parkinson. Nous pouvons faire des choses en prévention sur toutes ces pathologies sauf pour Alzheimer. A partir du moment où nous avons un échantillon de salive, faire du génotypage pour une maladie ou pour dix revient au même coût.

Aujourd’hui, un génotypage avec une puce revient à 100 euros, demain ce sera 50 euros, permettant de mesurer plusieurs centaines de milliers de gènes de ce type. Nous pourrons en utiliser quelques centaines pour le cancer du sein, et quelques centaines pour chacune des autres pathologies. Donc à relativement brève échéance, on prédira tous les principaux risques par ordre décroissant pour les principaux cancers et d’autres pathologies.

  • BiotechBourse: Aujourd'hui, vous cherchez à vous refinancer. Quelles sont les conditions de l'opération, et que comptez-vous en faire ?

Stéphane Ragusa : Nous comptons essentiellement accélérer le développement commercial en Europe. Il ne s’agit pas d’aller dans d’autres zones géographiques, notamment aux Etats-Unis, mais plutôt de nous concentrer sur l’Europe en nous élargissant comme c’est le cas aujourd’hui en France, en Belgique ou en Italie. Il s’agit aussi de lancer des programmes de déploiement pour les autres pathologies. Donc le premier objectif est la commercialisation.

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